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COMMENT T’ES VENUE L’IDÉE DE MONTER CE PROJET DE SENSIBILISATION AUX RISQUES AUDITIFS? A notre niveau, la sensibilisation aux problèmes des risques auditifs ne pouvait pas ne plus être abordée quand on organise des concerts, et lorsque l’on gravite dans un milieu musical. Après quelques temps de réflexion, l’idée a été d’élaborer en priorité du texte, de l’écrit, un document qui puisse rendre compte du phénomène. Concrètement une brochure expliquant la base des connaissances en matière de son et d’amplification, sur le fonctionnement basique du système auditif, et sur les pratiques des musiciens (à propos de comment se protéger), a donc été faite. COMMENT SE CONCRÉTISENT VOS ACTIONS SUR LE TERRAIN? QUEL EST LE PUBLIC VISÉ, QUEL MATÉRIEL UTILISEZ VOUS DÉJÀ? QUELLES POURRAIENT ÊTRES LES AMÉLIORATIONS POSSIBLES? Le stand n’est plus trop actif en ce moment, par contre nous avons mobilisé dernièrement nos énergies pour remettre au goût du jour l’intervention auprès des établissements scolaires (lycées notamment). Par l’intermédiaire d’une animation que l’on avait expérimenté en 2005, on a donc ces derniers mois fait des séances avec des classes sur le sujet. Au niveau du matériel, nous faisons avec un ordinateur portable d’où l’on lance des animations au travers d’un plan d’approche du son, de l’oreille, des pratiques… Notre approche de la prévention se résume autour de cette phrase titre : « Notre musique on y tient ». Nous partons toujours de cette idée de témoignage de la réalité que nous vivons, je pense que c’est primordial, pour le reste, pour tout le contenu et la connaissance que nous essayons de faire passer ensuite. En tant que « musiciens », nous abordons donc l’interaction avec eux dans l’optique de relier témoignage et savoir. La difficulté réside dans les préjugés que nous avons tous en nous, et qui sont liés parfois à notre « statut ». Il faut alors arriver à les dépasser dans la rencontre et l’échange sur un thème. Jusqu’à présent on s’en sort pas mal, le thème est de toute façon très « porteur », je veux dire que tout le monde, jeune ou moins jeune est réceptif à la question. C’est bien un signe qui montre que le problème est prégnant. Le deuxième axe serait moins centré sur nos activités internes, il s’agirait selon-moi de réfléchir à nouveau sur comment aborder la prévention dans le moment du concert. L’objectif serait d’instaurer un dialogue nouveau autour de tous les acteurs qui font le spectacle. Le stand a montré ses limites pour ça. C’est un chantier ouvert, mais qui sera bien plus long que le reste. QUEL SONT LES PROJETS FUTURS DE L’ASSOCIATION? COMMENT VOIS-TU ÉVOLUER L’ASSOCIATION? QUE REPRÉSENTE POUR TOI LE PARADOXE DE FAIRE DE LA MUSIQUE AMPLIFIÉE ET DE SE PROTÉGER LES OREILLES? TROUVES TU UNE EXPLICATION À NOTRE ATTRAIT POUR LES VOLUMES SONORES ÉLÉVÉS? Le paradoxe proviendrait dans ce cas, en même temps que dans d’autres cas, d’un rapport au corps…Le langage, la technique et le corps, on a du mal à conjuguer tout ça en même temps. Je pense que l’évolution des instruments, au travers du modernisme (avec par exemple l’électricité), a dans un premier temps bouleversé les échanges, et la musique bien sûr. Le message que transmettait auparavant l’instrument acoustique seul, était alors repris, transformé, dans un champ directionnel de plus en plus vaste, et lointain, mais moins précis bizarrement. L’organisation proprement collective de cette technicité du langage musical est en cause. La naissance du concert, de la représentation, le paradoxe remonte à tout ça historiquement je pense. Après la technique n’est qu’une approche dans le problème, mais elle relie tout le discours actuel comme passé des musiciens sur leur art. A un moment donné le corps a été perçu au profit d’autre chose, d’une abstraction, d’un concept spécialisant, qui donne à voir et comprendre, mais fait sentir et réceptionner d’une certaine façon le son crée. Alors que le corps parle pour lui-même, sans mots, ni expressions, il vit et transpire sans besoin de slogans rock par exemple. Se mettre des bouchons c’est alors souvent se mettre des oeillères, afin que tout continue ainsi. LE BRUIT EST CONSIDÉRÉ COMME LA PREMIÈRE SOURCE DE POLLUTION PAR LA POPULATION (RUE, AÉROPORT, TRAVAUX…). NE PENSES-TU PAS QUE LE MAL EST PLUTÔT DANS NOTRE CADRE DE VIE QUOTIDIEN? ON POURRAIT AUSSI ÉVOQUER L’AUTO-POLLUTION AVEC LES APPAREILS TYPE LECTEURS-MP3... L’erreur est là je pense, et c’est un argument de vente pour les marchands de rêves. Je reprendrai la citation du compositeur Nicolas Frize, que nous lisons parfois lors de nos interventions, pour aborder le paradoxe entre le plaisir et le risque. Elle est à ce propos très explicite : «Pour se défendre contre le bruit, il ne faut pas se boucher les oreilles, se plaindre ou fuir, mais commencer d’écouter».
TEPASSO patrice Merci de l’intérêt que vous portez au sujet, votre aide financière nous sera bien nécessaire pour la rentrée. |
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